C'est à l'invitation du Spéléo-Club de l'Ariège que six membres du CoSIF ont rejoint la Grotte du Mas d'Azil pour trois jours d'exploration intensive. Cette cavité de l'Ariège, traversée par la rivière Arize, est l'une des plus vastes grottes-tunnels de France — et l'une des plus spectaculaires.

Jour 1 — Arrivée et reconnaissance

Arrivée en fin de matinée sur site après 7 heures de route depuis Paris. La météo est incertaine mais les prévisions d'hydrologie sont favorables. Le niveau de la rivière est bas, ce qui permettra l'accès aux galeries fossiles supérieures sans combinaison de plongée.

Après l'équipement complet et le briefing de sécurité animé par notre guide local, nous entrons dans la grotte par le portail monumental côté ouest. La galerie principale mesure 420 mètres de long pour une largeur moyenne de 50 mètres — la traversée à pied en fond de rivière prend une vingtaine de minutes.

Photo — galerie principale, rivière Arize

La rivière Arize traverse la grotte sur plus de 400 mètres. © CoSIF 2025

À l'instant où la lampe frontale éclaire les voûtes à 40 mètres au-dessus de nos têtes, on comprend pourquoi les préhistoriques ont choisi ce lieu pour y vivre.— Marie Lefebvre, lors du premier passage

Jour 2 — Exploration des galeries supérieures

Le deuxième jour est consacré à l'exploration des galeries fossiles supérieures, accessibles par une montée de 35 mètres équipée de cordes fixes. Ces niveaux, inactifs hydrologiquement, conservent de nombreuses concrétions intactes : stalactites, colonnes, planchers stalagmitiques.

Nous documentons trois nouvelles alcôves non cartographiées, dont une avec des dépôts de mondmilch particulièrement remarquables. Un relevé topographique est effectué sur une extension de 120 mètres.

Photo — concrétions galerie supérieurePhoto — équipe lors de la topographie

À gauche : stalactites en galerie fossile. À droite : levé topographique par notre équipe. © CoSIF 2025

Matériel utilisé

  • Combinaisons néoprène 5mm (passages aquatiques)
  • Kits de progression verticale Petzl + cordes statiques 10 mm
  • Carnet de topographie + distancemètre laser
  • Appareil photo étanche + éclairages de studio souterrain

Jour 3 — Bivouac et sortie

La nuit en bivouac souterrain, à 200 mètres à l'intérieur, reste l'un des moments les plus forts de cette expédition. Le silence absolu, la température constante de 12°C, l'obscurité totale lorsque les lampes sont éteintes — une expérience difficile à décrire à qui ne l'a pas vécue.

La sortie le lendemain matin, sous une lumière rasante qui illumine les parois calcaires de la galerie d'entrée, clôt en beauté ces trois jours sous terre. Au total : 6 heures de progression, 2,4 km de galeries explorées, 120 m de topographie inédite.Descriptif / Compte-rendu
Présents : Vicki, Thibaud, Guillaume (SCCM) et Jinpu

03/04/2026 Aller
Départ rdv chez Vicki dans le 94, où elle dispose d'un jardin/potager magnifique, tout fleuri et idyllique.
Tout le monde est en avance sur l'horaire de rdv. Lancelot, le kangoo de Vicki est chargé quasi à bloc.
Arrivée minuit passé au gîte d'étape, fraîchement rénové, qu'on découvre splendide le lendemain. C'est à Tarcenay-Foucherans, 17 € par personne si groupe de 4 minimum. Grand jardin à l'arrière où il y a 2 moutons trop mignons, plein de poils. Ce gîte dispose d'une immense grange franche-comtoise pour étaler le matos.
[photo 1]

04/04/2026 Gouffre du Pré rond
TPST 5h30
Réveil difficile à 8h45 car la route fût longue.
Comme l'on a vu qu'il faisait beau, sans pluie, nous avons décidé de visiter le Gouffre du Pré rond. On se gare en bordure de route pour s'équiper. Arrivée à la tête de puits vers 12h pour Guillaume et Thibaud. Guillaume équipe pour toute la sortie. Vicki et Jinpu arrivent un quart d'heure plus tard, croisant Thibaud qui remonte blême, essoufflé, couvert de boue et tremblant d'émotions. Car il s'est vu mourir et se décomposant coincé dans les étroitures juste après l'entrée.
Après un peu de diplomatie, Thibaud décide de redescendre et d'accompagner Vicki et Jinpu, au moins jusqu'au ramping étroit rédhibitoire de merde. Finalement Thibaud, dans un souci d'antigaspi et d'écoresponsabilité, choisit de terminer son pâté de sanglier prélassé au soleil en surface et de faire une petite rando, pour voir les ruines du château de Montrond.
Entretemps sous terre, les 3 intrépides arrivent à une série de puits, assez arrosés, très joliment sculptés et larges, MAIS entrecoupé de passages bien étroits. Nous mangeons au seul endroit hors embruns, à la base de P22. Merci au ponchos/couvertures de survie & bougies, sinon aglagla......
Guillaume, traînant un kit bien rempli, est allée voir le prochain ramping rédhibitoire donnant accès au grand P37 (le puits des Clostros). Mais il recule au lieu d'avancer car le ramping en Z était "inhumain" (d'après Jinpu). Afin de rester dignes et humains, nous décidons de manière unanime de se sauver.
Guillaume remonte en premier pour essayer d'améliorer l'équipement hors-crue. A ce propos, la prochaine équipe est invitée à rajouter des spits ou des AF pour pouvoir descendre plus au sec.
A la montée, là où il y a un fractio avec une grande pendule, Jinpu a laissé sa pédale au fractio en basculant vers le pendule. Vicki, assez cocasse, s'est retrouvée pendue par le pied du pantin, avec la tête sous la cascade. C'est seulement à l’apéro que Guillaume nous a expliqué l'ASTUCE du descendeur, à mettre sur la boucle de corde qui remonte (schéma à joindre).
Les méandres de sortie étaient un peu lents, car Vicki et Jinpu trimbalaient 3 KITS à deux ; Guillaume déséquipait.
Sortie vers 17h30. En surface, Thibaud nous attend souriant, sec et légèrement bronzé.

Comme le gouffre se trouve tout à côté de Montrond le Chateau, on est parti tenter d'acheter un topoguide chez la maman de Benoît. En manque de tome 2, elle nous a donné rdv pour le lundi de Pâques.

Retour au gîte, apéro, crémant, radis avec son dip de feta à l'ail des ours... au menu : tagliatelles à la crème aux champignons et poivrons rouge, un délice proposé par Guillaume.
Prépa des kits pour le lendemain et dodo vers 23h.

05/04/2026 Gouffre de la vieille herbe
TPST 8h30
Trajet Gîte-gouffre 15 mins.
Garé à côté d’une ferme, petit détour pour trouver l’entrée.
Entrée à 11h dans le trou. Ça commence bien, 1 spit foiré à l’entrée, ET c’est tout. Guillaume McGyver raboute 2 sangles de 3m et 2 dyneemas de 3m, accrochés à 1 arbre sur le bord de l'entrée pour faire la tête de puits. Heureusement les amarrages suivants sont en meilleur état et plus nombreux.
Suivi de Thibaud, ça descend rapidos. Les 2 premiers puits, majestueux et larges, sont magnifiques. Le 1e nous amène vers un éboulis, retenus par un grillage métallique de sécurité.
[photo 2]
Nous mangeons à la base du 2e puits, dans une salle à manger bien au sec, avec des chauves-souris qui lorgnent nos salades de pommes de terre, œufs, sauce ciboulette et persil.
Ensuite, c’est le P8 étroit, Guillaume a dû planter un spit à la main. Juste après, nous amorçons le plan incliné menant au fond historique.
D’abord, nous prenons la lucarne pour essayer d’arriver au Nouveau Réseau. Nous arrivons sur un grand méandre, Guillaume y est descendu pour voir, mais ça devient de plus en plus étroit, de surcroît pas d’autre lucarne pour la suite. Nous jetons tous un œil à ce méandre de la tête de puits hyper-étroit, puis le temps de demi-tour.
La vielle herbe nous réserve plein de mystères pour la suite.
Sortie avec la lumière du jour vers 19h30.
Nous prenons un sentier de division parcellaire identifiée par Vicki, un chemin plus court pour retourner à la voiture, avec moins de ronces et de boue.
Le soir au gîte, Vicki nous surprend avec une chasse aux œufs, invitant de plus 2 petites filles des randonneurs qui couchent à l'étage. On les a tous trouvés avec un peu de temps et d’observation.
Au menu, on finit le reste de l’apéro et se goinfre de chili sin carne avec du polenta.
Dodo 23H15, sans enkitage.

06/04/2026 Captage de la Touvière
TPST 30mins avec les 2 parties
Trajet 7 min du gîte.
1e partie : En remontant 30m le ruisseau, nous retrouvons l’entrée #1 marquée 1882. Petits aqua-couloirs, nous obligeant à nous plier le dos et à ne pas casser les fistuleuses. L’eau est claire, et fraîche. Jolie maçonnerie tout autour. Il y a tout au long de l’eau cascade sur de grandes marches calcifiées. Guillaume arrivant à un cul de sac, nous dit de faire demi-tour.
[photo 3 et 4]
2e partie : Nous sillonnons la pente de la forêt pour trouver les autres entrées pendant 30 minutes, enfin Guillaume tombe sur l’entrée #2 avec une arche très basse qui nous obligerait à être à 4 pattes, tunnel montant et ne donne pas très envie. Heureusement, juste à côté, nous retrouvons l’entrée #3, vertical de 8M avec des barreaux métalliques enfoncés dans la pierre. Tous sont descendus sauf Jinpu qui n’a pas confiance aux barreaux, dont certains tournent apparemment.
Dans les tunnels en bas des barreaux, les marches sont nombreuses et hautes ; le plafond plus haut. A la rotonde, un embranchement à droite queute rapidement. De l’autre côté, nous continuons par un tunnel sinueux et en fort dénivelé. Finalement, nous arrivons à un autre embranchement à gauche, le tunnel bas vers l’entrée #2 ; à droite, après quelques mètres, une vielle échelle métallique mais costaude nous amène à l’entrée #4. La sortie étroite débouche dans une combe, derrière la voie ferrée transformée en piste cyclable. Descente droite dans la pente pour récupérer Jinpu, elle est tombée sur de l’ail des ours aux environs et en a cueilli quelques feuilles pour embaumer la voiture.
Lavage au lavoir historique de Saint-Maximin, c’est sur le chemin de pèlerinage de Francigena, très belle charpente refaite à l’ancienne. Un grand soleil, de l’eau claire et fraîche.
[photo 5]
Retour au gîte vers 14h. Déjeuner avec salade de riz au thon, nettoyage du gîte, départ 15h30 et direction de Montrond pour les topoguides.
Sur l’autoroute en rédigeant le CR, Guillaume demande : "Mais en fait, où est la salade de riz pour le pique-nique ?". Oubli !!!! La glacière de Vicki est restée dans le frigo du gîte, rempli de bouffe ; avis aux gentils passants pour la récupérer à Tarcenay un de ces quatre. SMS au tenancier pour qu’il profite du restant, crémant etc. et pour ne pas gaspiller.
Arrivée à Villebon sur Yvette vers 22H00 sans trop de bouchons (un peu quand-même) pour déposer le matériel au local du SCCM, puis dépose de Guillaume chez lui à Massy et de Thibault et Jinpu au métro ligne 14 (car aucun RER ne circulait sur les lignes B et C pour cause de travaux. C'est pratique (on ironise) !

POST-SCRIPTUM : Weekend spéléo 10000 % végétarien, du jamais vu. Jamais. Jamais... Et on l'a kiffé !

Annexes
Topo Gouffre du Pré rond: Les belles du Doubs, tome 1, page 73
Topo Gouffre de la vieille herbe: Les belles du Doubs, tome 2, page 92
Topo Captage de la Touvière: Les belles du Doubs, tome 2, page 27

Entrée 1: 47.13620N, 6.14089E

Entrée 2: 47.13643N, 6.14079E

Entrée 3: 47.13646N, 6.14117E

Entrée 4: 47.13713N, 6.14083E